vendredi 21 juin 2013

CONSTANTINE, CAPITALE 2015 DE LA CULTURE ARABE


La décision de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) de désigner Constantine en tant que capitale de la culture arabe, en 2015, alimente depuis plusieurs jours les débats sur le Vieux Rocher.
Le citoyen lambda, même s’il s’attarde volontiers sur cet événement, rejoignant l’avis des artistes, des hommes de culture et des responsables locaux lorsqu’ils évoquent "une fête grandiose qui va marqué cette cité bimillénaire et lui permettre de renforcer son identité culturelle", ne manque pas, cependant, de faire part de certaines appréhensions.
Les craintes du commun des constantinois ont trait tout particulièrement aux immenses chantiers qui parsèment sa ville, à l’exemple du viaduc transrhumel, qu’il faut "impérativement achever en 2014 comme le stipulent les délais contractuels, pour donner une image réellement valorisante de la cité du Rocher", explique Mahdi N, un étudiant de 24 ans.
Il reste que depuis l’annonce du choix de Constantine par l’ALECSO, une profonde fierté est perceptible chez la majorité des habitants de la ville qui fut capitale de la Numidie, sous Massinissa, et qui a vu naître, bien plus tard alors que le pays était colonisé par la France, le père du réformisme algérien, l’imam Abdelhamid Benbadis.
Impatients de voir Cirta "bouillonner" culturellement Les artistes et les constantinois proches du monde de la culture, déjà impatients de voir l’antique Cirta "bouillonner" culturellement une année durant, sont heureux. Et ils le font savoir. Mohamed-Tahar Arbaoui, homme de culture bien connu pour avoir été président de l’Assemblée populaire de Constantine entre 1975 et 1984, voit en Constantine, capitale de la culture arabe, "une occasion de mieux faire connaître la ville des ponts mais aussi l’Algérie (…) et un renforcement d’un pan de notre identité". M. Arbaoui, évoquant "la dynamique socioculturelle qui sera créée dans toute la région à la faveur de cette manifestation", insiste sur "la responsabilité que doivent d’ores et déjà assumer les représentants du mouvement associatif et des associations de divers horizons dans la préparation de l’événement".
Pour lui, les opérations de traitement de l’environnement "doivent se poursuivre et, pourquoi pas, se renforcer avec davantage d’implication citoyenne quitte à appliquer des mesures coercitives d’autant qu’il y va de l’image du pays tout entier".
C’est pourquoi, une "véritable révolution mentale" doit s’opérer chez tous les responsables des établissements recevant le public "qui doivent donner une priorité absolue aux règles de l’hygiène et du professionnalisme", estime aussi M. Arbaoui qui accorde aussi une attention particulière à la réhabilitation des plaques désignant les rues et les ruelles. C’est également, explique-t-il, une "partie de l’identité de la ville et une manière de valoriser l’architecture de la cité".
Une occasion rêvée pour dévoiler les richesses et le patrimoine constantinois
La mémoire vivante du malouf constantinois, Hadj Mohamed-Tahar Fergani, considère que cette manifestation est "un précieux cadeau fait à l’antique Cirta que le programme mis en place par le chef de l’Etat à fait renaître et resplendir".
Pour le "rossignol" de la ville des ponts, "le grand évènement Constantine, capitale 2015 de la culture arabe sera une occasion rêvée pour dévoiler les richesses et le patrimoine de la Cité dans les divers aspects musical, culturel et artistique". Le savoir-faire et le savoir-vivre "doivent aussi accompagner cette manifestation, car la ville de Constantine, si belle et si riche par son histoire et ses hommes, représente un patrimoine très précieux qu’il faudra valoriser pour le présenter à nos invités". Et d’ajouter : "Si Dieu me prête vie jusque-là, je serais si heureux de participer à cette manifestation".
Un autre féru de culture, Zoheir Bouzid, commissaire du festival international de jazz "Dimajazz", considère que Constantine "est une ville universelle de par son histoire et les civilisations qui se sont succédées sur ses terres". Capitale de la culture arabe, la cité bimillénaire "renforcera sa position et saura, sans doute, mettre à niveau ses infrastructures culturelles et d’accueil (…). C’est aussi l’occasion de s’ouvrir sur d’autres cultures et de revaloriser notre patrimoine par rapport au monde arabe".
M. Bouzid va jusqu’à proposer la réalisation d’une cité de la musique, une infrastructure, selon lui, "qui rayonnerait sur tout l’est du pays et contribuerait avec de multiples activités culturelles à combler le déficit monstre en matière d’accueil d’événements culturels majeurs".
Un budget et un programme spéciaux Pour M. Djamel Foughali, directeur de la Culture de la wilaya de Constantine, l’événement est "une vraie relance pour la capitale de l’Est sur tous les plans (…) car cela permettra de mettre à niveau les infrastructures culturelles, aussi bien au chef-lieu de la wilaya que dans toutes les autres communes".
Evoquant les manifestations "Alger, capitale 2007 de la culture arabe" et "Tlemcen, capitale de la culture islamique en 2011", M. Foughali estime que "beaucoup d’expérience a été accumulée par l’Algérie grâce à l’organisation de ces événements". Ce sont, dit-il, "des atouts qui jouent en notre faveur et qui permettront de faire du rendez-vous de Constantine, une fête grandiose".
Le directeur de la culture précise qu’un budget sera alloué spécialement à cette manifestation et qu’un programme spécifique à l’évènement sera élaboré. "La ministre de la culture et les autorités locales dresseront, sur la base de propositions des responsables concernés par le volet culturel, le programme des projets à réaliser, des infrastructures à mettre à niveau et des sites historiques et archéologiques à mettre en valeur", souligne-t-il.
Les citoyens de Constantine, même si quelques uns partagent les inquiétudes de Mehdi, perçoivent d’un bon œil cet événement, à l’exemple d’Asma B., une enseignante rencontrée au centre-ville, qui considère que "la manifestation débouchera sûrement sur la propreté de la ville et sur la création d’une dynamique qui pourrait profiter à Constantine pour les décennies à venir". Pour Nabil M., ingénieur, "Constantine, capitale de la culture arabe va permettre à la ville de respirer la vie, de déterrer son histoire et de briller pendant une année (….) pourvu que les autorités locales s’organisent bien, mettent un vrai programme pour la manifestation et réalisent toutes les infrastructures nécessaires à temps".
L’évènement "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe" a, quelque part, déjà commencé.
(APS)
Par Moza Daghiche



RABAÏNE CHERIF, REMPART CONTRE LA DEPERSONNALISATION


Située à mi-chemin entre Bab El Oued et Bab El Kantara, prenant naissance à hauteur de la célèbre Medersa de Constantine et du mythique café Nedjma pour sinuer parallèlement à Triq Jdida (rue Ben M’hidi), la rue Rabaïne Cherif (les 40 vertueux) semble inviter à la méditation.
Le visiteur, lorsqu’il y pénètre, laisse en effet derrière lui le vacarme ambiant de l’artère commerçante Triq Jdida pour accéder à cette venelle chargée d’histoire, symbole du savoir et véritable rempart contre la dépersonnalisation.
Anciennement appelée rue Alexis-Lambert, aujourd’hui baptisée du nom du leader du réformisme l’imam Abdelhamid Benbadis, mais solidement "accrochée" à son appellation de Rabaïne Cherif, elle fut de tous les temps un carrefour culturel et politique de l’élite de la ville du Vieux Rocher et du pays.
La rue abrita le bureau de cheikh Abdelhamid Benbadis, l’imprimerie où fut éditée les revues El Chihab et El Bassair et dans laquelle l’on ne se lassait pas de débattre de l’actualité en Algérie et dans le monde. Elle fut également le lieu de rencontre privilégié des musiciens, des comédiens et des artistes.
Toujours aussi paisible, presque silencieuse, cette rue pavée, avec ses maisons alignées de part et d’autre qui ont su garder, en dépit du temps, leur charme et leur spécificité, interpelle tout visiteur. La présence hiératique et immuable de la librairie, avec son cachet ancien, réconforte les nostalgiques, témoins des grands moments de la gloire d’une rue particulière.
Plus loin, le bain maure, baptisé au nom de la Médersa, avec sa faïence antique, constitue à lui seul une page d’histoire, aux côtés de la mosquée Rabaïne Cherif, toujours imposante avec son accès boisé et immaculé. Entre chaque pâté de maisons et d’anciens locaux, aujourd’hui transformés en boutiques commerçantes, les escaliers en pierre relient toujours la rue aux voies du dessus dont celle menant au quartier Sidi Djeliss.
Rabaïne Cherif ou les jeunes héros qui refusèrent la soumission
Si dans la cité des ponts, la rue Rabaïne Cherif revêt un cachet particulier, à savoir celui d’un lieu foisonnant d’activités, l’origine de l’appellation reste toujours imprécise. En l’absence de spécialistes en toponymie, plusieurs versions circulent : le nom du lieu tire tantôt son sens de l’histoire du pays ou encore de la mémoire populaire.

Néanmoins, d’aucuns s’accordent à dire que le rue porte ce nom depuis plusieurs siècles car, sur une carte géographique de la vieille ville, éditée à la fin du 19ème siècle, "Rabaïne Cherif" apparaît sous l’appellation qu’on lui a toujours connue.
D’après des universitaires et des historiens, ce quartier de la vieille ville a acquis ses lettres de noblesse après l’installation d’une quarantaine de familles, désignées comme étant "Ahl al-Baït" (proches du prophète Mohamed (QSSSL). Ces familles, affirme-t-on, proviennent de la dynastie des Almohades, venue de Maghreb Al Aqsa (Maroc) pour fuir les différends qui opposaient les Almohades aux Almoravides.
Des historiens soutiennent que le terme "Cherif" (vertueux, noble, saint), apparu dans le Maghreb après les Foutouhate musulmanes, désigne les descendants d’Ali Ibn Abi Taleb. Dans la mémoire populaire, l’appellation "Rabaïne Cherif" est intimement liée à la résistance des constantinois lors de l’invasion française de 1837. La légende raconte que cette année-là, des jeunes gens de cette rue de la vieille ville, qui ont jadis fréquenté les écoles des mosquées édifiées par Salah-Bey, organisèrent un véritable mouvement de résistance contre l’envahisseur et combattirent farouchement les troupes françaises.
L’on soutien également qu’après la chute de Constantine, un nombre important de ces jeunes a été décapité. Depuis lors, ce quartier de la vieille ville aurait reçu le nom de Rabaïne Cherif en hommage aux héros qui ont refusé la soumission.
Rempart contre la dépersonnalisation
Si les murs de Rabaïne Cherif pouvaient parler, ils diraient que les différents espaces de cette rue furent un authentique rempart contre la dépersonnalisation et la division du peuple algérien. S’ils pouvaient parler, ils relateraient qu’au café Benyamina de Rabaïne Cherif (bien plus ancien que le café Nedjma), dans les locaux des associations culturelles et sportives, dans les imprimeries, dans le bureau de cheikh Benbadis, un combat "latent" contre la "perte de mémoire" fut mené par tous ceux qui fréquentaient la rue. Ici, le cheikh planifiait le grand projet d’une société réformée dans ses fondements religieux et culturels.
D’ici, Benbadis lança son projet d’enseignement et son action pédagogique ciblant la jeunesse, les garçons et les filles. Depuis la rue Rabaïne Cherif, le fin stratège que l’imam réformiste encouragea, organisa et parraina l’éclosion de nombreuses troupes théâtrales, formations sportives, associations musicales. D’ici aussi, Benbadis planifia l’organisation de masse des jeunes dans le mouvement scout.
A quelques encablures du bureau du cheikh, au café Benyamina qui n’est plus aujourd’hui qu’un vieux souvenir, l’élite de la cité et des villes limitrophes, les Médérsiens, tout comme les autres étudiants, tinrent des débats politiques et littéraires, firent et défirent le monde, suivirent la montée du réformisme de Mohammed Abdou, débattirent de la situation du pays. C’est sans doute dans la rue Rabaïne Cherif que le nationalisme, à Constantine, fut crée, formé et nourri.
Un peu plus loin, la petite imprimerie de Benbadis et de ses disciples contribua à affermir, sur les colonnes d’El Chihab, la personnalité arabo-musulmane des Algériens vivant dans la ville du Vieux-Rocher, en diffusant les idées réformistes du Cheikh.
De l’autre côté, l’imprimerie de Smaïl Mami appuya les efforts des uns et des autres avec une autre tribune médiatique en langue arabe, En-Nadjah. Ici ou là, des troupes théâtrales, des formations sportives et des associations musicales chantèrent l’Algérie, respirèrent la patrie et vénérèrent son histoire.
Aujourd’hui, en arpentant la rue Rabaïne Cherif, l’on s’attendrait presque à croiser cheikh Benbadis, serein comme on l’a toujours décrit, se dirigeant vers son bureau pour plancher sur son projet de la renaissance de la nation. L’on croirait aussi entendre le brouhaha des jeunes et toutes ces voix s’élevant pour appeler à changer la situation d’un peuple meurtri, spolié et que l’on voulut asservir, mais en vain.
(APS)
Par Moza Deghiche

LE PALAIS DU BEY, JOYAU DE CIRTA


Dernière citadelle de résistance à l’occupation française, témoin de la grandeur d’une ville bimillénaire et véritable bijou architectural, le palais d’Ahmed Bey, à Constantine, a réussi le pari de la "résurrection" après de longues années de restauration.
Le palais d’Ahmed Bey, empreinte indélébile d’une cité à mille facettes, sera, en 2015, à l’occasion du grand événement "Constantine, capitale de la culture arabe" le joyau de la couronne de la reine Cirta, une ville chargée d’art et d’Histoire.
Le palais est l’œuvre du dernier bey El Hadj Ahmed Ben Mohamed Cherif (1784-1848), appelé communément Ahmed Bey, né d’un ancien calife ottoman et d’une mère algérienne, Rokiya Bengana, d’une famille aisée des environs de Biskra. Sa construction a été entamée en 1825 pour être achevée dix années plus tard, en 1835, deux ans avant la chute de Constantine.
S’étendant sur 5.609m2, le chantier de cet édifice fut lancé en 1825. Ahmed Bey fit appel à un ingénieur italien, de Gênes, Schiaffino, et à deux artistes réputés, El Hadj El-Djabri et El-Khettabi pour leur confier la conception et la construction du palais.
Ce dernier renferme trois corps de logis principaux et un étage, séparés par deux jardins : le jardin des orangers et celui des palmiers. Ses arcades sont portées par des colonnes en marbre, de diverses provenances méditerranéennes, au nombre de 266.
Le monument princier compte également deux terrasses, deux fontaines en marbre et un patio. Ses planchers sont pavés de marbre blanc et ses murs revêtus de faïence. Le bois de ses 540 portes et fenêtres, ainsi que ses balustrades, généralement de cèdre, sculptés et décorés en relief au moyen de différents motifs, fut acheminé depuis les Aurès et la Kabylie.
Le palace compte également 1.600 m2 de polychromies ornant les murs des galeries, permettant non seulement une "datation", mais aussi une "lecture" des différents événements historiques ayant marqué l’actualité du Constantinois sous le règne d’Ahmed bey. La réhabilitation de ses fabuleux tableaux, sévèrement endommagés, demande du temps et beaucoup de savoir-faire.
Des efforts considérables pour ressusciter une trace de l’Histoire de Constantine
Le palais a servi, durant la période de colonisation, de résidence au général commandant la division de l’état-major français. Il abrita aussi les services de la direction du Génie. L’empereur Napoléon III y séjourna en 1865 lors de son passage à Constantine. Plusieurs modifications, assimilables quelque part à des actes de "vandalisme", ont été opérées aux niveaux interne et externe : des parties entières ont été démolies tandis que d’autres ont été transformées au bon gré de l’administration coloniale, "dont le respect des lieux constituait le cadet des soucis", a-t-on déploré.
Des 300 pièces qui constellaient le palais, il n’en subsiste que 121 dont 119 servent aujourd’hui de salles d’exposition. Dans les années 1980, la nécessité de préserver un pan de l’identité nationale se faisant sentir, l’étude de restauration fut confiée à des experts polonais réputés. Ces derniers ont élaboré une expertise et une conception de travaux de restauration du palais entre 1981 et 1986, comprenant une étude historique, basée sur des recherches archéologiques, architecturales, géologiques et artistiques. L’étude est considérée comme "véritable feuille de route". Entre temps, en 1984, le palais Ahmed Bey fut classé patrimoine protégé.
Dans les années 1990, le chantier de réhabilitation du palais fut lancé avec une phase de consolidation des structures du monument. S’ensuivit la consolidation des murs et des planchers, la remise à niveau des colonnes en marbre, la consolidation des combles, la réfection de la toiture, le lambrissage des murs, le revêtement du sol en marbre et la réalisation des travaux d’électricité, des sanitaires et de la plomberie.
La réhabilitation de ce repère de l’Histoire millénaire de l’antique Cirta fut un immense chantier qui dura plus de deux décennies. Le monument princier a été repris à l’identique. Le maximum de pièces de céramique, de marbre, de faïence et de carrelage a été récupéré et réutilisé afin de conserver les formes et restituer les mosaïques sur les murs.
Les portes et les fenêtres du palais ont été restituées à l’identique, décapées et nettoyées avec des matériaux naturels. Les anciennes anses des portes et fenêtres et les gâches — pièces authentiques de l’ancien modèle du palais— ont été reproduites.
Musée national public des arts et des expressions culturelles pour raconter Cirta et sa région
En 2010, le palais a été ouvert au public, donnant lieu à deux magnifiques expositions portant sur l’âge d’or des sciences arabes et sur la civilisation Fatimide.
Le palais a été élevé au rang de musée national public des arts et des expressions culturelles. Une nouvelle ère venait de s’ouvrir pour le palais.
Aujourd’hui, l’édifice se prépare pour retracer des scènes de la vie, des situations et des coutumes du grand Constantinois, dans des salles d’exposition permanentes, et des galeries temporaires. Le grand public aura tout le loisir, durant ce mois de célébration du patrimoine, de découvrir la salle dédiée à la mémoire des Beys qui ont succédé au beylik de Constantine, une fidèle reproduction du diwan du Bey Hadj Ahmed et des personnalités accoutumées au diwan, leurs costumes et même leurs attitudes. Une étude "pointue" et une grande concertation entre archéologues, historiens et associations versées dans la préservation du patrimoine matériel et immatériel, a précédé la reproduction de ces scènes.
Dans un style simple et sobre, en vue de préserver la beauté et la valeur du palais, le musée national public des arts et des expressions culturelles abritera également des expositions sur la cavalerie et l’armurerie à l’époque des beys, fera reconstruire la chambre du bey Ahmed, "beït El Gaïd", remontera l’histoire de la dinanderie dans la région, pistera les instruments musicaux du Constantinois et relatera l’histoire et la beauté d’une ville qui promet d’être encore plus fascinante et plus magique en 2015.
(APS)

RESTAURATION DE LA POLYCHROMIE DU PALAIS DU BEY EN SEPTEMBRE

La restauration de la polychromie ornant les murs du Palais Ahmed-Bey de Constantine, ultime étape de la "renaissance" de ce lieu mythique, sera entamée en septembre prochain, a indiqué mercredi une experte en archéologie, Chadia Khalfallah.
Mlle Khalfallah, également directrice du musée public national des arts et expressions culturelles traditionnelles, a rappelé qu’une expertise de la polychromie et du marbre du palais avait été effectuée fin mai dernier par deux spécialistes espagnols et un italien en prévision de cette restauration.
La même responsable a indiqué que les études effectuées ont permis d’arrêter le procédé de remise en état de cette polychromie qui retrace, par des illustrations riches de formes et de couleurs, le périple de Hadj Ahmed-Bey lors de son voyage aux Lieux Saints de l’islam.
Le restaurateur italien venu spécialement à Constantine pour ce travail sur la polychromie envisage notamment, selon la même source, de remédier aux dégradations causées, notamment, par l’humidité, par des injections d’une résine spéciale dans le joint du zellige afin de résoudre le problème d’étanchéité.
Cette polychromie dont la valeur est inestimable et qui n’a pas encore livré tous ses secrets, orne les murs du palais sur plus de 2.000 m2. Elle permet la datation et la lecture des différents événements historiques tels que les batailles auxquelles avait pris part le Bey aux côtés du Dey d’Alger, ainsi que ses différents voyages au Moyen-Orient, a fait observer la directrice du musée à l’APS.
Sur cette fresque étonnante qui rend compte du périple entrepris par Ahmed Bey pour arriver aux Lieux Saints de l’islam, l’on peut admirer Tunis et la Goulette, Tripoli, le port d’Alexandrie où mouillent des frégates toutes voiles dehors, et Le Caire avec ses mosquées, puis, comme un album d’images et de bande dessinée grandeur nature, la fresque se redéploie encore vers tous les murs intérieurs du palais.
Une fresque altérée cependant par la main intruse de l’administration coloniale qui y avait superposé six autres couches qui ont obstrué et dénaturé ce chef d’£uvre reproduisant les splendeurs de l’architecture orientale.
(APS)
Mercredi 19 Juin 2013

LA VIEILLE VILLE DE CONSTANTINE A MOITIE DEGRADEE - CHAOUKI-LI-QACENTINA

LA VIEILLE VILLE DE CONSTANTINE A MOITIE DÉGRADÉE - CHAOUKI-LI-QACENTINA
Déclarée secteur sauvegardé il y a huit ans
Plusieurs spécialistes estiment que malgré la dégradation du tissu urbain de la vieille ville, il demeure toujours possible de sauver une bonne partie de ce patrimoine, si l’Etat s’engage à débloquer les financements nécessaires.
Dans la matinée du 20 février 2005 et sans aucun préavis, une opération de démolition des bâtisses de Souika a été entamée sur décision de l’ex-wali de Constantine, Tahar Sakrane. En une semaine, 49 maisons classées menaçant ruine ont été détruites par les autorités, qui affirmaient qu’elles ont été squattées par d’indus occupants. De leur côté, l’association des propriétaires des maisons, des associations de sauvegarde du patrimoine de Cirta et autres spécialistes de l’urbanisme ne tarderont pas à réagir, n’hésitant à qualifier cet acte d’irréfléchi et de précipité, surtout que les concernés et les connaisseurs de la valeur architecturale et culturelle de la vieille ville n’ont à aucun moment été consultés sur la question.
Suite à une vive polémique qui avait secoué les milieux constantinois, le même ex-wali de Constantine avait déclaré dans un entretien accordé à l’époque à un quotidien arabophone, qu’il avait pris la décision de démolition sur la base de documents prouvant que les maisons ciblées étaient un danger réel pour le voisinage, faisant porter l’entière responsabilité aux propriétaires qui n’ont pas respecté leurs engagements, selon lui. Pour les connaisseurs du patrimoine de la vieille ville, des maisons d’une valeur historique et architecturale ont été ciblées dans les rues Benzegoutta (ex-Morland), des Cousins Kerouaz (Zanqet Lamamra) et Abdallah Bey (Essaïda), alors qu’elles étaient en bon état. Les prétextes avancés par les autorités n’avaient pas convaincu les associations qui œuvraient pour la protection du patrimoine de la vieille ville.
«Les autorités auraient pu murer les accès aux habitations et interdire aux propriétaires de les louer au lieu de recourir à la destruction systématique. Une action qui porte un sérieux préjudice au tissu architectural de la vieille ville», affirmaient certains spécialistes. Saisi en temps opportun, le ministère de la Culture décrétera l’arrêt des démolitions en attendant les résultats de l’enquête menée par une commission ministérielle. Mais c’était trop tard. Les maisons démolies sont perdues à jamais. Il aura fallu attendre la parution, trois mois après ce massacre, du décret exécutif n°05-208 du 4 juin 2005 pour que la vieille médina bénéficie enfin des dispositions de la loi 98-02 relative à la protection du patrimoine, avec lequel elle sera déclarée secteur sauvegardé. Une mesure salutaire longtemps attendue par les associations et les amis de l’antique Cirta. La déclaration de sauvegarde permettra ainsi la conservation et la protection du site, mais aussi une réhabilitation des immeubles inclus dans le secteur sauvegardé.
Un désastre à grande échelle
Le constat établi deux ans après ce désastre par la cellule de réhabilitation de la vieille  ville de Constantine est sans appel. Des années de négligence et de laisser-aller, conjuguées à des actes de vandalisme de la part de bon nombre de locataires, et la démission des propriétaires, ont généré une situation préoccupante. Selon une étude réalisée par le bureau d’architecture et d’urbanisme Urbaco en 1984, renforcée par une enquête sur site effectuée par la cellule de réhabilitation de la vieille ville à partir de 2004, le taux de dégradation des bâtisses a atteint un seuil alarmant. Sur un nombre total de 1165 bâtisses recensées dans la vieille ville, 575 sont dans un état de dégradation avancé, soit près de 50 % de tout le tissu urbain. Seulement 10% de ce tissu urbain, soit 122 bâtisses, est jugé en bon état, 12 % des bâtisses (136 maisons) menacent de s’écrouler, alors que 25 % des maisons, estimées à 332, sont en ruine.
Ledit document précise surtout que les premiers effondrements d’îlots entiers ont été enregistrés dans les années 1980, où le taux avait atteint 17 %.  «Des maisons portées sur le fichier de l’APC entre 1988 et 2001 comme étant en bon état sont actuellement en ruine ou menacées», est-il précisé dans le même rapport. «Alors que la partie basse de Souika est perdue à jamais, il est urgent d’entamer une réhabilitation des maisons qui peuvent être sauvées dans certains quartiers de la vieille ville», estime Nasredine Touam, responsable de la cellule de réhabilitation de la vieille ville. Ce dernier insiste beaucoup sur cette urgence, car les structures de ces maisons sont devenues très fragiles et ne supportent plus les conditions climatiques, marquées ces dernières années par des périodes de fortes pluies, suivies de journées chaudes.
«Les murs, qui absorbent beaucoup d’humidité, se disloquent rapidement ensuite avec la chaleur, puis finissent par s’effondrer», notera-t-il. Tous ceux qui ont eu à expertiser les bâtisses de la vieille ville citent parmi les facteurs de cette dégradation, le manque d’entretien des maisons, dont bon nombre ont été laissées à l’abandon par leurs propriétaires, la vétusté du réseau d’AEP et d’assainissement où les infiltrations d’eaux souterraines ont causé d’énormes dégâts dans la structure, en plus de la destruction volontaire d’un nombre important de bâtisses par les locataires eux-mêmes dans le but de l’acquisition d’un logement neuf. Mais il n’en demeure pas moins tout de même, selon certains experts, que les démolitions mal exécutées par les autorités ont été mises à l’index, puisque elles ont conduit inévitablement à la déstabilisation des maisons mitoyennes. Interrogé, par ailleurs, sur le cas des maisons effondrées, Nasredine Touam dira : «Il n’est pas impossible de reconstruire un jour ces bâtisses, en se basant sur les structures et les plans d’origine, mais ceci est une autre paire de manches.»
La vie des riverains et celle des passants en danger
L’état des anciennes bâtisses menaçant ruine dans la vieille ville ne cesse de préoccuper leurs habitants. «Après l’effondrement des murs d’une ancienne maison suite aux importantes chutes de pluie enregistrées au mois de mars dernier, on craint sérieusement pour notre vie et celle de nos enfants, qui passent chaque jour à proximité du danger en empruntant le chemin de l’école», dira un habitant de la rue Abdallah Bey, plus connue par Essaïda. Une artère qui connaît un flux continu de passants, sachant qu’elle constitue un passage obligé entre la rue Larbi Ben M’Hidi et la rue Mellah Slimane. Depuis quelques années, les risques des effondrements font partie du quotidien des riverains et des passants à la vieille ville. Rien que pour l’année 2012 et le début de l’année 2013, une dizaine de maisons ont connu des situations critiques. Les fortes chutes de neige du mois de février dernier ne sont pas passées sans faire des dégâts. En quelques jours, plusieurs familles se sont retrouvées sans toit, et ce par un froid glacial, après l’effondrement de maisons dans la rue Mellah Slimane, Essaïda, Bir El Menahel et Sidi Bouannaba. Au mois d’avril dernier, une dame a été blessée suite à la chute du mur d’une maison située juste à l’entrée de la rue commerçante de Mellah Slimane, un endroit connu par la présence d’échoppes de fruits secs et autres étals de vêtements et de chaussures qui attirent une clientèle nombreuse. Des boutiques ouvertes à proximité de maisons en ruine qui attendent vainement d’être réhabilitées.
Une réhabilitation qui traîne le pas
Le lancement au mois d’août 2008 d’une opération pilote de réhabilitation de Souika devait toucher 65 maisons et 104 commerces, répartis sur quatre tronçons. Le projet n’ira pas jusqu’au bout. Sur les 22 maisons entamées dans une première phase, seules quatre seulement seront achevées et habitées. Il s’agit des bâtisses de Bab El Djabia, situées au n°12, 12 bis, 19 et 19 bis de la rue Mellah Slimane. «L’arrêt des travaux dans les autres maisons est dû essentiellement à des lenteurs administratives pour la régularisation de la suite du marché, bien que les études soient déjà faites et certaines maisons d’une grande valeur architecturale en voie d’achèvement, alors que d’autres en phase de finalisation», nous révèle Nasreddine Touam, responsable de la cellule de réhabilitation de la vieille ville. L’expérience des quatre bâtisses de Bab El Djabia demeure quand même édifiante. Les travaux ont révélé un état de dégradation très avancé, chose ayant nécessité l’adoption d’un plan spécial, consistant au démontage et au remontage des maisons pierre par pierre, selon les précisions des spécialistes. «Il s’agit d’un résultat que nous considérons comme positif en dépit de plusieurs critiques émises contre cette opération, mais c’est l’histoire qui jugera à la fin», estime notre interlocuteur. Ce dernier notera que «l’organisation de la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe 2015, est une opportunité pour la ville afin qu’elle puisse bénéficier d’un dispositif réglementaire qui fixe les orientations et les opérations nécessaires pour protéger la vieille ville, mais le temps est très court, et il faut agir en urgence».
10 milliards de dinars pour sauver 50% de la médina
Il a fallu sept ans pour finaliser et faire approuver par l’APW de Constantine le plan de sauvegarde de la vieille ville, dont l’étude avait été lancée en 2005. «C’est un véritable plan de référence qui englobe la genèse historique de la vieille ville, le diagnostic des lieux ainsi que le règlement et les orientations pour toute intervention dans le secteur sauvegardé de la ville et qui n’attend que d’être signé et approuvé par le ministère de tutelle», nous révèle Nasredine Touam. Un document qui devra servir de base de départ pour les éventuels travaux de réhabilitation afin de sauver les maisons qui restent. C’est une opération qui demande aussi un engagement franc de la part de l’Etat pour le déblocage des financements. Certains experts estiment, sur la base des diverses expériences, qu’il faudrait mobiliser au moins 10 milliards de dinars, de frais des études et de la réalisation, pour sauver au moins 50 % du tissu de la vieille médina qui risque, un jour, de disparaître. «C’est une mission très délicate, car il faut aussi convaincre les familles qui y habitent et les commerçants de la nécessité d’accepter la délocalisation et offrir à ces derniers des possibilités de poursuivre leurs activités», insiste le responsable de la cellule de réhabilitation de la vieille ville. «Mais pour mener aussi à bien cette opération, il nous faut surtout des entreprises crédibles et sérieuses, ayant les moyens financiers nécessaires, qui seront capables de s’engager dans un travail long et précis, et rémunérable à long terme», conclut-il.
Médina de Constantine en chiffre

Par : Arslan Selmane 
El Watan
19 juin 2013

lundi 17 juin 2013

(emission 09/1989) 20ÈME ANNIVERSAIRE DU 1ER HOMME SUR LA LUNE - CHAOUKI-LI-QACENTINA

(emission 09/1989) 20ÈME ANNIVERSAIRE DU 1ER HOMME SUR LA LUNE - CHAOUKI-LI-QACENTINA





20ÈME ANNIVERSAIRE DU 1ER HOMME SUR LA LUNE
Il y a vingt ans, l’homme faisait ses premiers pas sur la Lune et  l’humanité entière accomplissait un pas de géant dans la conquête  de l’espace. 
L’espace a toujours constitué pour l’homme un champ d’intérêt  permanent dans sa quête intarissable de maîtrise des éléments de  la nature au sein de laquelle la Lune fut le premier astre à nourrir  les mythes et les cultures de toutes les civilisations humaines.
En ce  vingtième anniversaire, on ne peut s’empêcher de s’accorder un  moment de méditation pour mesurer ce que ces premiers pas sur la Lune ont coûté en effort et en ingéniosité à l’homme qui a ainsi réussi  à capitaliser des années de progrès scientifiques et d’innovations  technologiques. Aujourd’hui encore, l’espace constitue un enjeu  considérable pour la science et l’humanité et, à ce titre, il fait  l’objet de programmes colossaux de recherche et d’exploration.  
Ni les échecs, ni les pertes en vies humaines, ni la rareté des  ressources financières n’ont, à ce jour, fait reculer l’homme dans sa  marche vers la conquête de l’espace.  En deux décennies, la conquête de l’espace a franchi de nouvelles  étapes et l’objectif reste pour l’homme de pouvoir y effectuer de  longs séjours dans des conditions similaires à la vie sur Terre. 
Analyses, examens, expériences scientifiques menées sur les nouvelles  stations de l’espace ne cessent d’alimenter quotidiennement les  centres de recherche en données pour faire avancer la science et  permettre à l’homme de forger son destin spatial.  Les perspectives qui s’ouvrent aujourd’hui pour la maîtrise de  l’espace sont pleines de promesses et contribueront certainement à  repenser les frontières de l’homme et de son savoir.

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P.T.T
Par : CHAOUKI-LI-QACENTINA
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dimanche 16 juin 2013

(emission 10/1989) CENTENAIRE DE L’UNION INTERPARLEMENTAIRE - CHAOUKI-LI-QACENTINA

(émission 10/1989) CENTENAIRE DE L’UNION INTERPARLEMENTAIRE - CHAOUKI-LI-QACENTINA

CENTENAIRE DE L’UNION INTERPARLEMENTAIRE
L’Union interparlementaire, créée en 1889 et dont le siège se trouve  à Genève, est une organisation mondiale qui rassemble des  parlementaires dans une action commune visant à garantir que leurs  Etats respectifs contribuent pleinement à l’affermissement et au  développement des institutions représentatives ainsi qu’à l’établissement  de la paix dans le monde et de la coopération entre les  peuples, particulièrement en appuyant les objectifs des Nations unies. 
A ce jour, 112 des 145 assemblées législatives des Etats souverains  du monde sont représentées dans l’Union qui compte, de plus, le  Parlement européen comme membre associé.  Elle réunit des parlementaires constitués en groupes nationaux, afin  de procéder à l’étude objective des problèmes politiques, économiques,  sociaux et culturels de portée internationale.  Les membres de l’Union transmettent ses résolutions aux assemblées  et gouvernements respectifs et en encouragent la mise en œuvre. 
L’Union fonctionne avec les organes suivants :
La Conférence interparlementaire, 
Le Conseil interparlementaire,
Le Comité exécutif, 
Les commissions d’études qui sont au nombre de cinq et enfin le  Secrétariat.
Elle est financée par ses propres ressources.  Elle organise également, à l’échelon mondial ou régional, des  réunions spécialisées portant sur des questions touchant à la sécurité  internationale, au développement économique et aux affaires  sociales, ainsi que des symposiums internationaux sur le fonctionnement  des institutions parlementaires.
L’Union interparlementaire  travaille en étroite collaboration avec l’Organisation des Nations  unies et ses institutions spécialisées. 
L’Union a adopté en 1976 une «Procédure d’examen et de traitement  de communications relatives à des violations des droits de  l’homme dont sont victimes des parlementaires», applicable aux  membres des Parlements qui font ou ont fait l’objet de mesures  arbitraires pendant l’exercice de leur mandat, que le Parlement  soit en session, en vacance ou bien dissous par suite de mesures  inconstitutionnelles ou d’exception.
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P.T.T
Par : CHAOUKI-LI-QACENTINA

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