jeudi 1 août 2013

LA DIVA Z’HOR FERGANI, LE «ROSSIGNOL DE L’EST».




«Si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur.»
Romain Rolland
Elle est née comme seules savent naître les étoiles. Elle ne pouvait que briller, durant toute son existence, dès lors que la musique, dans sa famille, loin d’être du dilettantisme, est source de vie. Peut-on alors échapper à un destin tout tracé ?
Nous parlons de la diva Fatima-Zohra Reggani, dite El Hadja Z’hor Fergani, née le 16 février 1915 à Constantine. Très tôt, sa mère, Akila Stambouli, elle-même mélomane, lui donne le goût du chant à la mode constantinoise, comme el medh, zadjel, mahdjouz, et de fait lui lègue tout son répertoire traditionnel, qui sera plus tard complété par son père, El Hadj Hamou.
«Les Fergani ont tous un tempérament artistique, la nouba coule dans leurs veines depuis toujours, ils organisent des concerts chez eux, pour le plaisir, et animent eux-mêmes leurs fêtes familiales», relève Slimane Gasmi, gendre de la diva.
Et c’est justement lors d’une cérémonie familiale, en 1945, que s’amorce la carrière de la «cantatrice du malouf», dans les genres du mahdjouz et du zadjel, puisés dans les racines andalouses de la cité millénaire.
Fonceuse, pleine d’énergie créatrice, elle fonde le premier orchestre féminin, les Benoutet, avec instruments et bendir et, en parallèle, la troupe des premières F’kiret avec bendir et voix uniquement.
Avoir Z’hor et sa troupe pour célébrer une noce, une circoncision ou tout autre heureux événement était un immense privilège, un insigne sujet d’orgueil, rapportent d’authentiques citadines qui admiraient l’élégance, le raffinement et le charme légendaire de l’artiste.
Les F’kiret, elles, interprétaient des chants mystiques et rythmés à la gloire du Prophète, mettant en transe les adeptes de la nechra, «les porteuses de roses», comme on les nommait. Elles organisaient des processions votives au mausolée d’un autre saint patron de la ville, Sidi M’hamed Loghrab, s’adonnant au rituel de la purification par la danse et les invocations des saints.
Jugée hérétique par les bien-pensants et les tenants du discours religieux, cette tradition, qui faisait partie intégrante du patrimoine culturel constantinois, sera tout simplement bannie à partir des années 1990.
La diva prend son essor
Comme tous les membres de sa famille, dont son illustre frère, El Hadj Mohamed-Tahar Fergani, Z’hor jouait de plusieurs instruments, surtout du violon qu’elle maîtrisait sans avoir jamais appris à lire et à écrire, et moins encore le solfège.
Grâce à son amie de toujours, la moudjahida Fatima-Zohra Saâdaoui dite El Hadja Tata, sa notoriété dépasse très vite le cadre local. «Je l’ai sollicitée, raconte cette dernière, pour divertir les enfants de chouhada, dans les centres. Elle a hésité, surtout qu’elle ne s’était jamais encore produite devant une assemblée mixte.»
Elle craignait surtout d’offenser son frère, Abdelkrim, qui était très conservateur, d’autant qu’elle était deux fois veuve. «J’ai obtenu de son frère Abdelkrim qu’elle sorte du carcan familial et des fêtes exclusivement féminines, et c’est ainsi qu’elle a animé des concerts au profit des enfants de chouhada en 1964 et au théâtre municipal de Sétif, pour ensuite se produire à Alger, devant un grand public, à titre officiel», témoigne-t-elle. Et par bonheur, le frère et tuteur ne fit pas d’objection.

L’Algérie entière reconnut en elle l’ambassadrice incontestée du malouf. «Les œuvres de bienfaisance nous avaient beaucoup rapprochées Z’hor et moi, nous étions inséparables, je lui faisais apprendre par cœur des chansons, et il faut dire qu’elle avait une mémoire prodigieuse, j’ai mis très longtemps à faire le deuil de sa disparition…», poursuit El Hadja Tata.
Très bonne parolière par ailleurs (maniant le chiîr el malhoun ou poésie populaire, en vernaculaire), cette dernière écrira pour la cantatrice plusieurs textes de chansons, avant de l’aider, en 1972, à enregistrer à Paris, chez Pathé Marconi, 6 microsillons 45 tours de ses chants Sidi Abderrahmane, Sidi M’hamed, Sidi Rached, Khelouni, Kemla oua touila, etc.
Son gendre, qui lui voue une admiration sans bornes, nous livre encore quelques faits saillants de son parcours, comme sa participation au Festival national du folklore en 1966, au 1er Festival de la musique andalouse en 1967, à la Semaine culturelle de Constantine…
«Elle était infatigable, se souvient-il, elle sillonnait le territoire national et était partout accueillie comme une reine. Elle fut incontestablement la pionnière dans l’interprétation en public du mahdjouz, du zadjel, du medh et du hawzi. Pour ses galas, elle était toujours accompagnée de grands maîtres de l’école constantinoise, à l’instar de Cheikh Hassouna, Benrachi, Darsouni, Benelbedjaoui, ses frères Mohamed-Tahar et Zouaoui, ses neveux Salim et Abdelhamid Fergani, Saïd Krach et son fils Dahmane.»
L’art au service du peuple
Aimant les voyages, elle se rend au Liban où elle fait la connaissance du grand Halim Erroumi (père de la diva Majda Erroumi). Elle effectue le pèlerinage aux Lieux Saints en compagnie de son frère Mohamed-Tahar, avec qui elle poussera, en 1967, jusqu’à Jérusalem.
Cette grande dame prodiguait son art tous azimuts. Généreuse, pieuse et dévouée jusqu’au sacrifice, selon les témoignages de tous ceux qui l’ont côtoyée, il lui arrivait d’animer gracieusement les fêtes pour les démunis, se rappelle-t-on.
C’est justement cet altruisme exacerbé qu’évoquera, de l’émotion plein la voix, son neveu Salim qui, très jeune alors, l’accompagna avec son luth dans plusieurs galas. «Sa maison, se rappelle-t-il, était ouverte à tous ceux qu’elle aimait, elle donnait tout ce qu’elle possédait, même durant les moments difficiles où elle ne gagnait presque plus rien.»
Elle était connue pour cultiver ses amitiés comme des fleurs, c’est-à-dire qu’elle en prenait grand soin. Elle comptait aussi parmi ses amis beaucoup d’artistes tels Fadila Dziria, Tetma, Mme Ababsa, Seloua, Guerrouabi, Lamari, Hassen El Annabi, Sadek Bedjaoui, El Hadj Mohamed Ghafour…
«Nulle autre femme ne portait la m’leya constantinoise comme elle ; son élégance était légendaire, avec ses gandouras traditionnelles, rutilantes, et celle, particulière, en velours de Gênes brodée de fil d’or appelée ‘djebba Fergani’», révèle encore son gendre, Slimane Gasmi, qui collecte avec amour tous les documents concernant cette belle-mère atypique.
La diva quitte la vie terrestre le 5 août 1982, dans une ambiance des plus joyeuses, comme elle y était venue. Elle est terrassée par une crise cardiaque alors qu’elle anime une fête familiale.
Sa voix, un puissant mezzo soprano, aura fait vibrer le Vieux Rocher quarante ans durant, sans interruption. La relève pour les Benoutet, nous informe Mme Aïcha Gasmi, la fille de Z’hor Fergani, sera assurée (sans instruments) par El Hadja Zouleïkha, la sœur de cette dernière et jumelle de Mohamed-Tahar, qui s’est éteinte à son tour il y deux ans, durant le Ramadhan.
Sa fille Fatiha et sa nièce Fella, la fille de son frère Abdelkrim, ont, semble-t-il, repris le flambeau, mais il faut avouer, de l’avis de beaucoup d’admirateurs de la diva, que les Benoutet ne sont plus ce qu’elles étaient…
Farida Hamadou EL WATAN le 31.07.12

TRIANGLE D’OR ORIENTAL LE COSTUME DE CONSTANTINE




Vers le IIIe le siècle avant J.-C., alors qu’Alger est encore une petite ville portuaire qui ne semble aucunement destinée à devenir la capitale d’un pays aussi vaste que l’Algérie actuelle, Constantine se hisse déjà au rang des plus grandes cités antiques d’Afrique du Nord. Cirta, la capitale de la Numidie, plantée au sommet d’un plateau rocheux qui surplombe les gorges du Rummel, profite d’une position stratégique exceptionnelle. Véritable cita- delle naturelle, elle devient le siège de la cour des rois numides et multiplie les échanges avec Carthage, la prestigieuse métropole punique, comme avec plusieurs autres villes de Méditerranée. Elle accueille de nombreux commerçants et artistes étrangers qui lui impriment un caractère cosmopolite, notamment pendant le long et fructueux règne de Massinissa. La culture grecque laisse l’empreinte la plus durable sur les costumes de la cour numide. Avant de céder devant la puissance romaine, l’élite de Cirta a eu le temps de s’accoutumer aux drapés grecs, associés aux tuniques autochtones, caractéristiques des costumes citadins antiques du Maghreb oriental.
À l’époque de Massinissa, I unificateur du royaume numide, et de son successeur Micipsa qui règne à partir de 148 avant J.-C., les tuniques à larges manches ornées de galons polychromes, les peplos à fibules de style dorien, les voiles, les sandales, les coiffures et les bijoux des femmes de condition supérieure composent un costume hybride et sophistiqué, apparenté à celui des voisines carthaginoises, elles aussi exposées à l’influence des modes helléniques. Deux costumes similaires, même si la mode carthaginoise demeure la plus fastueuse car la capitale punique possède des ateliers de tissage, de teinture, de broderie et d’orfèvrerie uniques à l’échelle de la Méditerranée occidentale. D’ailleurs, malgré le développement d’un artisanat local de produits de luxe, les aristocrates de Cirta se fournissent régulièrement en étoffes, teintées suivant des procédés inventés par les Phéniciens, qui proviennent de Carthage. Jusqu’à la destruction de cette dernière en 146 avant J.-C., date qui marque le début de l’expansion romaine en Afrique du Nord suite à la troisième guerre punique, les importations abondantes de textiles puniques et dans une moindre mesure d’objets de parure variés, ainsi que les alliances entre les familles nobles de Cirta et de Carthage, favorisent les analogies entre les traditions vestimentaires des populations des deux villes.
Centre commercial florissant et grenier de blé de la Numidie, Cirta suscite depuis longtemps la convoitise des Romains qui capturent Jugurtha, héritier du trône numide, en 105 avant J.-C. Lorsque la province d’Africa Nova est créée, quarante ans plus tard, le processus de romanisation de l’Afrique du Nord est en marche, mais il n’entraîne pas de transformations radicales dans les costumes autochtones. Ceux-ci évoluent lentement, au rythme des liens politiques, culturels et commerciaux établis avec les nouvelles capitales fondées le long du littoral algérien et avec les villes tunisiennes de la province romaine de l’Africa Vetus à laquelle Cirta est rattachée au début du 1er siècle. Leur structure demeure inchangée : la prépondérance des amples tuniques, des peplos à fibules et des voiles drapés concorde avec le style instauré, pendant l’époque républicaine, par l’élite de Rome. L’apport majeur de l’artisanat romain, héritier des techniques de ses prédécesseurs étrusques et grecs, s’observe au niveau de l’ornementation des bijoux dont le relief se complexifie grâce à la combinaison du filigrane, de la granulation et du découpage ajouré. Durant l’époque impériale, un goût plus extravagant s’empare de la mode féminine. Pourtant les aristocrates de Cirta continuent à se distinguer par l’élégance et la sobriété de leurs toilettes, sans tomber dans les excès qui passionnent leurs contemporaines romaines.
Entre le Ile et le IIIe siècle, la diffusion des préceptes du christianisme, puis l’apparition du schisme donatiste, ne privent pas les femmes de leurs tuniques brodées et de leurs gracieux drapés. Cependant, un siècle plus tard, les insurrections contre l’occupation romaine compromettent la stabilité interne de la cité et entravent la recherche d’étoffes et de modes nouvelles. Cette période trouble se prolonge jusqu’à la destruction de la ville par l’armée de l’empereur romain Maxence, lors d’une violente insurrection en 311. Deux années après, sa résurrection, voulue par l’empereur Constantin, lui vaut un nom nouveau, mais les costumes féminins tardent à se renouveler et à retrouver le luxe d’autrefois. Envahie par les Vandales, en même temps que les autres villes d’Afrique du Nord, avant le milieu du Ve siècle, Constantine est ensuite incluse au domaine des Byzantins. Capitale de l’Algérie orientale tout au long du VIe siècle, elle subit l’influence des modes somptueuses de Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient, malgré le caractère essentiellement militaire de la présence byzantine. La renaissance des industries artisanales se conjugue à l’introduction de lourds tissus de soie et d’une palette plus riche de coloris et de motifs de broderies. Enfin, un éventail fastueux de bijoux orientaux incrustés de pierreries polychromes, comme les pendants de tempes et d’oreilles agrémentés de chaînettes, de perles et de pierres précieuses, contribuent à la création d’un costume plus opulent. Cette floraison de textiles et de joyaux concerne les catégories privilégiées de la population, alors que l’habillement de la majeure partie des citadines est à peine effleuré par l’influence de Constantinople. Les tuniques et les drapés, confectionnés à partir d’étoffes de laine, écrue ou teintée, conservent un aspect inchangé. Toutefois, avec le temps, les bijoux des femmes de condition sociale modeste confirment l’assimilation par les artisans locaux de certains éléments décoratifs d’origine byzantine : chaînettes, pendeloques, mais aussi motifs zoomorphes et ajourés s’inscrivent de manière durable dans le registre ornemental des artisans bijoutiers de l’Algérie orientale.
L’enrichissement du patrimoine vestimentaire et des parures des Constantinoises se poursuit après le départ des Byzantins. Au VIIIe siècle, l’essor de Kairouan, capitale de l’Ifriqya musulmane, stimule la création de nouveaux circuits d’échanges commerciaux et culturels, porteurs de tendances vestimentaires et de textiles nouveaux à travers les villes du Maghreb oriental. Les Aghlabites qui règnent sur la région, sous la tutelle des Abbassides de Baghdad, n’encouragent pas seulement l’importation de produits de luxe depuis le Moyen-Orient, mais s’empressent d’inaugurer les premiers ateliers de tissage de la soie de Méditerranée occidentale à Kairouan et à Palerme, la Sicile étant elle aussi incluse à leur territoire. Ces deux centres de production s’alignent sur le modèle des manufactures royales syriennes et irakiennes de tiraz et distribuent des soieries souples aux coloris brillants. Dès le IXe siècle, leur proximité profite à Constantine, avantagée par sa situation géographique par rapport aux autres villes algériennes. Au début de l’ère musulmane, les tissus de soie arborés par l’élite constantinoise se chargent d’arabesques, de pal- mettes, d’entrelacs, de volutes et de caractères calligraphiés arabes qui s’e mêlent aux motifs hérités des époques précédentes ou qui les évincent. Ainsi, l’orientalisassions des costumes citadins algériens se manifeste par l’émergence d’un style décoratif plus floral et plus abstrait.
L’avènement, au Xe siècle, de la dynastie fatimide qui succède aux Aghlabites et étend son pouvoir à une large frange du Maghreb entraîne la fondation, en Tunisie, de la ville de Mahdiya. Constantine perd l’occasion de redevenir une capitale régionale, mais elle est concernée de près par les événements de l’époque et elle exploite sa position stratégique pour développer commerce et artisanat. La garde- robe de ses habitantes se renouvelle, pourtant la coupe et le volume des vêtements qui la composent demeurent, comme du reste dans les autres métropoles maghrébines, stables et fidèles aux modèles de l’Antiquité. Cette permanence des tuniques, des drapés à fibules et des voiles réservés aux femmes de haut rang caractérise également le règne ziride, à partir de la fin du Xe siècle. Le costume de Constantine ne subit pas de réelles transformations pendant la période médiévale, si ce n’est par l’exploitation d’une variété toujours plus grande de lainages et de soieries. Il est similaire aux costumes des habitantes des nouvelles capitales des Zirides puis des Hammadites, toutes situées en Algérie orientale, à savoir Achir, El-Kalaa et Béjaïa. L’intensification des contacts avec l’Espagne musulmane, en particulier après l’unification du Maghreb et de l’Andalousie sous le règne des Almohades vers le milieu du XIIe siècle, conduit en revanche à une réelle évolution des habitudes vestimentaires. Pour la première fois, un courant venu de l’Ouest insuffle son influence aux costumes algériens : Constantine découvre des formes de vêtements et des étoffes plus diversifiées, mais aussi des accessoires plus sophistiqués. Héritière de la culture, de l’art de vivre et des techniques de la Syrie omeyade, l’Espagne musulmane véhicule ses produits de luxe vers les cités du Maghreb, depuis Fès jusqu’à Tunis. Simultanément, les modes andalouses s’imprègnent de la sobriété des costumes nord-africains.
La variété des soieries, des toiles de lin et des fins lainages provenant des centres textiles andalous et distribués à travers les villes nord-africaines stimule l’éclosion d’un plus ample éventail de robes-tuniques. Les femmes de la classe dominante font usage de tissus différents en fonction de la saison, voire du moment de la journée. À l’inverse des époques précédentes, même les strates moins privilégiées de la société urbaine se procurent des tissus hétéroclites. Les robes de l’élite se distinguent alors par la préciosité d’un élément décoratif qui perdurera au cours des siècles suivants, à Constantine plus que dans les autres villes algériennes et maghrébines : le plastron placé entre l’encolure et la poitrine. Ses arabesques brodées au fil d’or ou d’argent en font l’indice du degré de richesse des citadines. Au fur et à mesure que la Reconquista pousse un nombre croissant de familles musulmanes et juives à quitter l’Espagne et à s’exiler dans les villes du Maghreb, les manufactures de tissage de la soie se multiplient. Parallèlement, les emprunts aux costumes de cette nouvelle composante de la population finissent par modifier l’allure des Constantinoises, entre le XIVe et le XVe siècle. La robe-tunique dépourvue de manches, dite djoubba ou djebba, juxtapose souvent deux coloris contrastés qui divisent le vêtement symétriquement dans le sens de la longueur. Une ceinture de brocart ou de soie rayée, soulignée de franges dorées, retient la robe au niveau de la taille. Enfin, la coiffe rigide, pointue, couverte de broderies et munie d’une bride jugulaire, appelée koufiya ou chéchiya, ainsi que les foulards soyeux qui l’accompagnent deviennent indispensables. Autant de nouveautés qui coïncident avec des apports moins visibles, mais tout aussi déterminants, comme les pantalons en toile d’origine orientale qui demeurent, durant les siècles suivants, une pièce de lingerie réservée aux femmes élégantes.
Au XVe siècle, alors que la ville dépend du royaume hafside qui a Tunis pour capitale, les costumes citadins du Maghreb oriental gardent de nombreuses affinités. Cette parenté évidente incite à penser que les longs manteaux, boutonnés devant, de l’élite tunisoise figurent également dans le paysage vestimentaire constantinois au cours décennies qui précèdent l’arrivée des Turcs en 1517. Il est donc probable que, à côté de la djoubba à plastron brodé, les femmes les plus riches se soient depuis peu accoutumées à des formes préliminaires de caftans. La diffusion des premiers velours date aussi de cette période : il est donc permis d’imaginer qu’à la veille de l’ère ottomane, le costume de Constantine a déjà mis en place la structure qui le caractérisera trois siècles plus tard, au moment de l’« âge d’or » de la ville, sous le règne prospère de Salah Bey. Entre-temps, l’influence des costumes levantins occasionne tout de même une série non négligeable de mutations, dès le milieu du XVIe siècle. En réalité, c’est davantage par le biais de la nouvelle capitale, Alger, que ces modes pénètrent dorénavant Constantine car celle-ci se détourne de l’orbite de Tunis. Elle devient la capitale d’une province dite Beylik qui englobe les villes d’Annaba, de Sétif et de Batna. Au début du XVIIe siècle, l’afflux des Morisques, expulsés d’Espagne, revigore les industries du luxe et contribue à l’enrichissement du costume féminin par le développement de l’art de la broderie au fil d’or, autant sur les vêtements que sur les coiffes, les ceintures et les babouches. La fusion des deux courants d’influence, le levantin et le morisque, n’a cependant pas les mêmes conséquences qu’à Alger où le costume se transforme plus aisément et plus rapidement.
Le costume des Constantinoises, aussi bien musulmanes que juives, semble plus statique que celui de la capitale, tout au long de la période ottomane. La chemise de dessous, avec ses manches enrichies de dentelles, la djoubba ou gandoura unie ou bicolore, la chéchiya pointue et la majorité des composantes vestimentaires et des bijoux main- tiennent leurs formes anciennes. Seul le caftan fait exception puisqu’il s’allège, se débarrasse progressivement de ses longues manches, s’illumine de volutes brodées et se porte ouvert sur toute sa longueur : il s’inspire désormais de son homonyme algérois. À l’époque de Salah Bey, gouverneur réformateur qui relance l’économie de la ville et qui encourage sa renaissance culturelle pendant le dernier quart du XVIIIe siècle, la pièce la plus prestigieuse du costume tend ainsi à s’aligner sur le caftan d’Alger. La capitale de la Régence impose ses modes, pourtant ni le principe du serouel apparent, ni celui des gilets décolletés ne parviennent à séduire les femmes de Constantine, pas plus d’ailleurs que la tiare appelée serma, sans doute trop extravagante à leur goût. Elles ne se laissent guère envoûter par les rinceaux et les motifs floraux polychromes des broderies au fil de soie algéroises et préfèrent continuer à broder le tulle, la gaze, le voile de coton et d’autres toiles fines avec des fils d’argent aplatis. Cette technique est appliquée aux rectangles d’étoffe, fixés aux coiffes pointues, de manière à retomber sur le dos. Le velours enrichi de paillettes dorées et de volutes brodées au fil d’or de la partie rigide de la coiffe contraste avec le voile parcouru de dessins géométriques brodés au fil d’argent de sa partie souple. Ces broderies apparaissent également sur une panoplie raffinée de voiles, voilettes, foulards, mouchoirs, écharpes et étoles qui distinguent, jusqu’au début du XXe siècle, le costume de Constantine de ceux des autres capitales régionales du Maghreb.
Parmi les pièces brodées au fil métallique, le voile nuptial, appelé’abrouq, conserve un statut privilégié. Déposé sur la pointe de la chéchiya, son tombé est déterminé par l’inclinaison de cette coiffe conique que les jeunes femmes portent penchée sur le côté. La chéchiya, elle-même enveloppée par un cône en or ajouré et ciselé, s’accompagne d’un fichu soyeux blanc, la meherma, qui s’attache sur la tempe droite de la mariée. Un diadème, jbin, agrémenté de pendeloques, zraref, et serti de cabochons de diamants, d’émeraudes et de rubis complète l’ensemble. À ce bijou luxueux, la Constantinoise adjoint des boucles d’oreilles garnies de perles baroques et des colliers en or surmontés par un collier imposant, le kkhab. Il est formé de perles d’ambre et d’un pendentif en or filigrané, appelé meska, aux pendeloques de perles et de pierres précieuses. Les bagues, les fins bracelets en or, meqaïs, les bracelets plus lourds chargés de pierreries, ainsi que la paire d’anneaux de chevilles en or ciselé, rdaïf, restent indispensables. Enfin, une paire de bzaïm ornent le buste de la mariée : il s’agit de fibules en or ajouré parsemées de rubis, de saphirs ou d émeraudes et reliées par une série de chaînes en or formant une qtina. La coiffure et la parure nuptiales du XVIIIe siècle perdurent longtemps après la fin de la période ottomane.
En 1837, la ville tombe aux mains des troupes françaises, malgré l’âpre résistance de sa population, dirigée par Ahmed Bey. Heureusement, l’instauration du système colonial n’entraîne pas une mutation du paysage vestimentaire aussi profonde et irréversible qu’à Alger, la proportion des Européens installés à Constantine demeurant inférieure à celle de la population autochtone. Au XIXe siècle, l’unique transformation déterminante se situe au niveau du costume de sortie des femmes : elles choisissent unanimement de noircir leurs voiles, en signe de deuil, après la défaite de 1837 et l’exil de Ahmed Bey dans l’Aurès, suivi de sa soumission une dizaine d’années plus tard. Le voile constantinois, appelé mléya, se différencie dès lors de ses contemporains algériens qui préservent leur blancheur antique durant toute la période coloniale. La seconde modification concerne le costume de l’élite locale qui se voit, en l’espace de quelques décennies, privé du caftan en velours brodé, signe évident d’une simplification de l’habillement quotidien. La djoubba, agrémentée d’une fine ceinture nouée autour de la taille, remplit toujours la fonction de pièce centrale du costume, sans évoluer vers des formes plus ajustées. Elle s’imprègne cependant de l’influence des modèles français, l’élargissement vers le sol des pans qui la composent le prouve. Toutefois, ce sont les textiles manufacturés d’importation, moins coûteux que les étoffes produites par les ateliers artisanaux traditionnels, qui en modifient davantage encore l’aspect. D’autre part, dans une ville qui compte la communauté juive la plus nombreuse d’Algérie, l’occidentalisation progressive du costume des citadines de confession juive, après la promulgation du décret Crémieux, ne passe guère inaperçue. Elle présage d’ultérieurs bouleversements du paysage vestimentaire. Le changement le plus frappant est la raréfaction, puis la disparition, de la djoubba bicolore héritée de l’époque médiévale, jalousement conservée pendant presque un demi-millénaire par les descendantes des Juives d’Espagne installées à Constantine au XVe siècle. Au début du XXe siècle, les tissus imprimés se sont substitués aux damas et aux brocarts, pourtant ce changement ne suffit pas à provoquer une véritable altération du costume féminin. Désormais, la gandoura qatifa est rarement taillée dans du velours tissé manuellement : cette robe somptueuse que les mariées revêtent une semaine après la fin de leurs noces déploie des pans coupés dans un velours rouge de fabrication industrielle qui n’a ni l’éclat, ni l’épaisseur, ni la tonalité intense de son prédécesseur, mais qui suffit à rendre le volume du modèle original. Elle est destinée à devenir, au cours du XXe siècle, l’unique représentant du costume de fête traditionnel, avec son plastron couvert de rinceaux et de motifs floraux brodés au fil d’or et ses manches rudimentaires soulignées de fines broderies et de quelques paillettes. La gandoura qatifa ne peut être portée sans une chemise aux manches de dentelle ou de tulle brodé et sans une ceinture rigide. Celle-ci relie une boucle en or filigrané ou ajouré à de riches plaques d’or reliées par des charnières ou, plus simplement, à une file de sequins ou de louis d’or. La parure nuptiale qui devient, après la célébration des noces, l’attribut du costume de fête des citadines mariées ne se débarrasse quant à elle d’aucune de ses composantes traditionnelles. Du diadème aux anneaux de chevilles en or massif, la panoplie des bijoux constantinois reste complète. Comme le veut la coutume, les femmes les plus riches se doivent de prêter une partie de leurs bijoux aux familles qui ne parviennent pas à pourvoir leurs filles d’une parure aussi onéreuse, pendant la semaine des noces.
Grâce à sa forme évasée vers le bas, la robe en velours des Constantinoises peut accueillir des broderies abondantes. Afin d’améliorer le tombé du vêtement, celles-ci s’inscrivent le plus souvent à l’intérieur de stries horizontales ou de surfaces tri angulaires dont la base se situe le long du bord inférieur. Elles reproduisent des motifs végétaux qui s’harmonisent avec ceux du plastron. Pendant la seconde moitié du XXe siècle, la technique de broderie qui consiste à coucher le fil d’or sur l’étoffe en dessinant des motifs abstraits basés sur le cercle, à la manière des broderies qui foisonnaient sur les anciens caftans de toutes les citadines algériennes, est fréquemment concurrencée par celle du fil tiré, ou medjboud. Cette dernière sert à réaliser des motifs pleins, similaires à ceux habituellement réservés aux accessoires couverts de velours, comme les coiffes coniques, les babouches et, plus récemment, les chaussures de cérémonie. Elle permet la création d’une plus ample variété de rinceaux, de rameaux et de semis de fleurs, mais augmente sensiblement le poids de la robe. L’expansion de ce type de broderie coïncide avec l’assimilation de motifs figuratifs d’inspiration européenne, tels que les papillons ou les nœuds de rubans, qui se mêlent à l’herbier des artisans brodeurs.
L’établissement de la formule moderne de la tenue traditionnelle constantinoise reste l’œuvre de Fergani, précurseur de la haute couture dans cette ville, c’est pourquoi elle lui doit son nom actuel, djebbet fergani ou djoubba de Fergani. Cette robe de velours dérivée du costume ancien, réactualisée par un artisan couturier visionnaire, persiste encore aujourd’hui et influence l’évolution des costumes féminins de toute l’Algérie orientale. D’ailleurs, depuis quelques décennies, elle séduit également les habitantes des autres régions du pays, au point de s’introduire dans la garde-robe des mariées d’Alger. Aujourd’hui encore, parmi la somptueuse panoplie des costumes de fête algériens, celui de Constantine demeure l’un des plus onéreux car il nécessite une quantité importante de velours et de broderies entièrement réalisées à la main dans des ateliers spécialisés. À travers sa robe fastueuse, unique rescapée du costume citadin le plus ancien d’Algérie, la Constantinoise immortalise ainsi l’histoire prestigieuse de sa ville.
Extrait de Leyla Belkaid.

AGRICULTURE

Emission
12/1988
CARACTERISTIQUES
Dessinateur: KRIM  KAMARDINE et TAHAR BOUKEROUI
Valeur faciale: 1,00 x 2 DA
Format: 36mm x 26mm 
Dentelure: 10 ¼ 
Imprimeur: Banque d’Algérie.
Procédé d'impression: Offset
Document philatélique: Une enveloppe 1er jour illustrée à 1,00 DA affranchie à 3,00 DA avec oblitération 1er jour.
Vente 1er jour: Les Jeudi 22 et Vendredi 23 Décembre 1988 dans les Recettes Principales des postes D'ADRAR-ECH-CHELIFF- LAGHOUAT-OUM EL BOUAGHI-BATNA -BEJAIA-BISKRA-BECHAR-BLIDA-BOUIRA-TAMANRASSET- TEBESSA - TLEMCEN- TIARET- TIZI-OUZOU-ALGER-DJELFA-JIJEL-SETIF-SAIDA -SKIKDA-SIDI BEL ABBES-ANNABA-GUELMA-CONSTANTINE-MEDEA -MOSTAGANEM-M'SILA-MASCARA-OUARGLA ET ORAN.
Vente générale: Le Samedi 24 Décembre 1988 dans tous les bureaux de poste.
N° Y&T: 936-937
N° AP : 609-610



AGRICULTURE
La terre a toujours été une richesse inépuisable et généreuse dans  l’histoire de notre pays. Aujourd’hui encore, elle constitue, en dépit du développement intensif des autres sources et formes de richesse,  un immense potentiel de ressources et d’avenir. 
L’agriculture bénéficie d’un intérêt majeur se traduisant par des  mesures d’encouragement à la production et à l’investissement. L’autosuffisance alimentaire, qui figure parmi les conditions de  l’indépendance économique, est au centre de tous les efforts au plan  interne et constitue un enjeu de taille au plan externe.  Outre le développement de l’hydraulique, des sciences et techniques  dans l’agriculture, la protection des terres agricoles et la mise en valeur des terres font l’objet de vastes actions d’incitation et  d’encouragement pour améliorer le potentiel agricole et répondre  aux besoins de l’économie et de la société.
Le monde rural et l’activité agricole se trouvent de plus en plus touchés  par des programmes de valorisation, afin de rendre à la terre sa place et son rang dans le processus de développement national et la consolidation de l’indépendance économique de la nation.
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P.T.T
Par : CHAOUKI-LI-QACENTINA

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MICIPSA ROI AMAZIGH DE NUMIDIE


Micipsa-amazighMicipsa (118 av. J.-C.) (En tifinagh : MKWSN), fils et successeur de Massinissa, fut un roi de Numidie. Il hérite du trône de Numidie en 148 av. J.-C. et y règnera pendant près de trente années.
Micipsa est le père de Hiempsal Ier et Adherbal. Il a en outre adopté son neveu Jugurtha (fils de son frère Mastanabal) qui deviendra à son tour, roi de Numidie.
En 151 avant JC Masinissa envoya Micipsa et son frère Gulussa à Carthage pour exiger que les exilés politiques pro-numides à être autorisés à rentrer, mais ils ont refusé l’entrée à la porte de la ville. Comme le cortège royal se détourna pour partir, Hamilcar le Samnite et un groupe de ses partisans ont attaqué le convoi de Micipsa, tuant quelques-uns de ses serviteurs. Cet incident a conduit à une frappe de représailles sur la ville carthaginoise de Oroscopa qui a annoncé le début de la guerre carthaginois-numide et finalement précipité la troisième guerre punique.
Succession au trône
Au printemps de 148 avant JC., Masinissa meurt et la division tripartite du royaume entre ses trois fils Micipsa, Gulussa et Mastarnable a eu lieu par Scipion Émilien, à qui Masinissa avait donné le pouvoir d’administrer sa succession. Avec pour but de recevoir dans le cadre de son héritage, la capitale numide de Cirta (avec le palais royal et le trésor il in), Gulussa a la charge de la guerre et Mastarnable l’administration de la justice.
Le fils a continué la politique de son père et de son soutien de Rome pendant sa guerre contre Carthage. Bien que Micipsa a vacillé un peu dans son soutien à Rome. En 146 avant Jésus-Christ quand fils le  illégitime de Jugurtha Mastarnable avait quatorze ans, Carthage fut détruite par les Romains. Peu de temps après la mort de Galussa et plus tard encore avec Mastarnable, laissant le contrôle à Micipsa de l’ensemble du royaume. Pendant le règne numide, le progrès culturel et commercial de Micipsa a été aidé quand des milliers de Carthaginois ont fui vers la Numidie, après la destruction romaine de Carthage.
Micipsa eut deux fils naturels Hiempsal et Adherbal et aurait ajouté son petit-fils illégitime de Jugurtha à sa maison de palais. Jugurtha a été traité comme le fils du roi et a reçu une formation militaire solide. Micipsa a continué à être un allié fidèle à Rome et à fournir une assistance militaire lorsqu’on lui a demandé. En 142 avant JC, le commandant romain Quintus Fabius Maximus Servilianus écrit à Micipsa demandant une répartition des éléphants de guerre pour aider dans la lutte de Rome contre les Viriathus lusitaniens rebelles et à nouveau en 134 BC, Micipsa envoya des archers, frondeurs, et des éléphants pour aider Scipion Émilien assiégeant Numance en Espagne, l’envoi de Jugurtha de commander ses unités.
Après la chute de Numance Jugurtha retourné à la maison avec une lettre de Scipion adressée à son oncle, en lui, le commandant fait l’éloge des exploits de Jugurtha et félicite Micipsa pour avoir « un parent digne de lui, et de son grand-père Massinissa » (Salluste Iug 9.) . Dans cette recommandation, le roi a officiellement adopté Jugurtha comme son fils.
Décès
En 118 avant Jésus-Christ Micipsa meurt et la Numidie, après le souhait du roi, a été divisée en trois parties. Un tiers chacun gouverné par ses propres fils Micipsa, Adherbal et Hiempsal et le fils adoptif du roi, Jugurtha.
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SOUIKA ET RAHBET ESSOUF, A CONSTANTINE ... TOUS LES PARFUMS DU MOIS DE RAMADAN


Les quartiers mythiques de la vieille ville de Constantine, Souika et Rahbet Essouf, situés en plein cœur de la ville du Vieux Rocher, retrouvent leur "magie" à l’occasion de chaque mois de Ramadan, en dépit des profondes lézardes du temps.
L’attrait que suscitent ces lieux chargés d’histoire chez les Constantinois, notamment en pareilles occasions, procède d’une sorte de nostalgie transmise d’une génération à l’autre, comme s’il ne fallait surtout pas oublier que c’est au sein de cette vieille ville qu’est née et a grandi la citadinité et les "bonnes manières" pour accueillir le mois béni de Ramadan.
Malgré l’énorme expansion que connait aujourd’hui cette ville, avec le pullulement de nouveaux points de commerce modernes et autres quartiers chics, la Souika et Rahbet Essouf se plaisent à se réveiller, durant le mois sacré, pour retrouver leur aura d’antan.
"C’est l’un des mystères du Ramadan", soulignent des "accros" de ces quartiers qui recourent à ces lieux mythiques pour "adoucir" les épreuves imposées par ce mois de jeûne sur les plans physique, moral, mais aussi pécuniaire.
Une virée ramadanesque dans les entrailles de ces vieux quartiers aux venelles étroites répond à une "tradition sacrée" pour la majorité des Constantinois qui ne se lassent jamais de "fouiller les coins et les recoins de ces endroits", donnant à chaque fois l’impression qu’ils les découvrent pour la première fois.
A Souika comme à Rahbet Essouf, les senteurs dégagées n’ont rien d’artificiel.
Elles sont propres à ces quartiers "qui refusent de vendre leur âme et qui tâchent de préserver la moindre trace de leur fabuleuse histoire et de leur riche passé", dit-on.
Ces coins-repères de la ville chère à l’imam Benbadis sont protégés par leur "bonne étoile" qui les a aidés, jadis, du temps des vaches maigres, à résister à la misère, et qui les aide encore aujourd’hui à se "protéger" de ce qu’on nomme le progrès, au luxe envahissant et à la richesse ostentatoire, estiment avec beaucoup de fierté et d’admiration les inconditionnels de ces quartiers.
"Même si je n’ai rien à y faire, je trouverai toujours une raison pour y aller", avoue spontanément Insaf, une jeune enseignante à l’université qui affirme avoir attrapé ce "virus" depuis son enfance lorsqu’elle accompagnait sa maman pour faire des courses ou rendre visite à des parents.

Si pour les plus nostalgiques, une randonnée dans ces vieux quartiers constitue "un besoin vital", notamment lors de ce mois sacré de Ramadan où les souvenirs du bon vieux temps remontent à la surface, elle demeure cependant "recommandée" pour les pères et les mères de familles à la recherche de bonnes affaires et des prix intéressants.
Sur ces lieux où se mêlent le légal et l’informel, la spiritualité et la réalité avec toutes ses vérités, les Constantinois ne risquent jamais de rentrer "bredouille" car ici l’on trouve de tout, et en quantités "industrielles.
De la viande bovine et ovine au l´ben (petit lait) en passant par la "khatfa", la fameuse pâte destinée à la farce du bourek, en passant par la galette faite maison, tout est à portée de main.
La spiritualité n’est pas absente, non plus. Les nostalgiques peuvent y déguster gratuitement les senteurs de l’antiquité en traversant les ruelles de ces quartiers dont chaque pavé a une histoire à raconter ou un mythe à perpétuer.
Les milliers de Constantinois qui transitent quotidiennement par ces lieux, "même s’ils le font de manière mécanique, se ressourcent sans même s’en rendre compte", lâche Zhor, une constantinoise de 70 ans.
La vieille femme qualifie de "thérapeutique" (doua) l’air empli d’effluves de toutes sortes émanant de ces vieux quartiers situés à proximité du mausolée de Sidi Rached, le saint patron de la ville, enterré quelques mètres plus bas, sous le pont éponyme. A quoi ressemblerait le Ramadan, à Constantine, sans la Souika et sans Rahbet Essouf.

mardi 30 juillet 2013

FÊTE DE LA POLICE

Émission
10/2013
CARACTERISTIQUES
Dessinateur : ALI KERBOUCHE
Valeur faciale : 15,00 DA
Format : 29mm x 43mm
Dentelure : 14
Imprimeur : Imprimerie de la Banque d’Algérie.
Procédé d’impression : Offset
Document philatélique : Une Carte philatélique  à 20,00 DA affranchie à 15,00 DA avec oblitération 1er jour illustrée au niveau des Recettes Principales d'Alger, Oran et Constantine.
Vente 1er jour : Les Lundi 22 et Mardi 23 juillet 2013 dans les 48 Recettes  Principales des postes situées aux chefs- lieux de wilaya et les Recettes Principales d’Alger 1er Novembre, Hussein-Dey,  Chéraga, Ben-Aknoun et Rouiba.
Vente générale : Le Mercredi 24 juillet 2013 dans tous les bureaux de poste.
N° Y&T : 1658
N° AP :


FÊTE DE LA POLICE
Le 22 juillet de chaque année est célébré la fête de la police Algérienne dont l’institution centrale porte le nom de Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN).
De grandes actions de recrutement et de formation ont été lancées au lendemain de l’indépendance, marquées également par la réalisation de nouvelles infrastructures à l’échelle nationale. Cette réflexion a abouti à la création des sûretés de wilayas autour desquelles étaient rassemblés les différents services (sécurité publique, police judiciaire, renseignements généraux).
Ayant atteint un niveau de professionnalisation remarquable grâce à l’expérience acquise sur le terrain ces dernières années, la police algérienne reconnaît aujourd’hui l’importance de miser sur une nouvelle politique de proximité, visant à se rapprocher davantage du citoyen, le sensibiliser aux véritables missions des services de sécurité, gagner sa confiance et être à l’écoute de ses doléances.
Largement mis à contribution, l’élément féminin de la Sûreté nationale insuffle une grande dynamique à cette politique.
La célébration de l’anniversaire de la police constitue une reconnaissance de la nation envers les sacrifices des hommes et des femmes de ce corps qui ont accompli leur devoir avec loyauté au service du citoyen et pour la protection de ses biens.
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A.P
Par : CHAOUKI-LI-QACENTINA

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